La pensée systémique et le travail systémique prennent une importance croissante dans le coaching, le conseil, la formation et le développement organisationnel. Mais que signifie exactement « systémique » et comment cette approche peut-elle être appliquée concrètement ? Cet article propose une introduction accessible aux fondements de la pensée systémique, à l’état d’esprit qui la sous-tend et aux méthodes éprouvées issues de l’expérience pratique.
Qu'est-ce que la pensée systémique ?
Imaginez un écosystème vivant, par exemple une forêt où arbres, animaux, champignons, insectes et micro-organismes vivent en harmonie. Si un élément de ce système change ou disparaît, c'est tout l'habitat qui est affecté. Cette image permet de comprendre le concept de « systémique » : tout est interconnecté.
Adopter une approche systémique, c'est considérer le contexte global. Les individus et leurs comportements ne sont plus perçus isolément, mais plutôt au sein des contextes sociaux dans lesquels ils évoluent : famille, équipe, organisation ou cercle d'amis. Les dynamiques relationnelles, les rôles, les règles tacites et les attentes mutuelles sont autant d'éléments qui interagissent au sein de ces systèmes.
L'attitude qui sous-tend l'approche systémique
Ceux qui travaillent de manière systémique adoptent une attitude fondamentale particulière : chaque personne est considérée comme experte de sa propre vie. Il ne s’agit pas d’imposer des solutions, mais de développer ensemble de nouvelles perspectives. Au cœur de cette démarche se trouve ce que l’on appelle « l’attitude de non-savoir » : on aborde les autres avec respect, ouverture et curiosité, sans jugement.
Questions systémiques – ouvrir la porte à de nouvelles perspectives
Le langage est un outil essentiel du travail systémique. Les questions circulaires sont particulièrement efficaces ; elles favorisent la reconnaissance des liens et l’adoption de nouvelles perspectives.
- « Que dirait votre collègue pour expliquer votre réaction ? »
- « Comment votre rôle au sein du groupe a-t-il évolué au cours de la dernière année ? »
De telles questions élargissent les perspectives, favorisent la compréhension et ouvrent souvent de nouvelles possibilités d'action.
Recadrage – réévaluation des attributions négatives
Une autre méthode éprouvée est le recadrage. Il s'agit d'envisager un comportement apparemment négatif sous un jour nouveau. Par exemple, une personne qui se met souvent la pression pourrait réaliser que cela découle d'un fort sens des responsabilités – une force qu'elle pourrait toutefois utiliser plus consciemment. Le recadrage encourage à remettre en question son propre point de vue avec aisance, sans rien édulcorer.
Visualisation avec la carte mère
Le travail systémique peut être particulièrement efficacement facilité par l'utilisation de méthodes visuelles. Un outil clé dans ce processus est le tableau systémique – une aide pratique que vous trouverez également dans notre boutique. À l'aide de figures, de personnes, de rôles, de thèmes ou de sentiments, il est possible de représenter dans la pièce. Cette disposition rend visibles les schémas relationnels, les distances émotionnelles ou les conflits, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur des situations complexes. Souvent, les personnes ressentent un changement pendant la mise en place même de ce tableau – dans leur façon de penser, de ressentir ou dans leur état d'esprit.
Problèmes de mise à l'échelle – rendre le développement visible
Au lieu de raisonner en termes de noir et blanc, les questions d'évaluation permettent de reconnaître les nuances et de rendre visibles les étapes de développement. En voici quelques exemples :
- « Sur une échelle de 1 à 10, dans quelle mesure vous sentez-vous à l'aise au sein de l'équipe actuellement ? »
- «Que faudrait-il pour que votre numéro s'améliore d'un niveau ?»
De telles questions renforcent le sentiment d'influence et rendent visibles même les plus petits progrès.
Autres méthodes issues de la boîte à outils systémique
Selon le contexte, de nombreuses autres méthodes sont utilisées, par exemple :
- Travail sur la chronologie (rendre les lignes de vie visibles)
- Externalisation (par exemple, « Le problème en tant que personne »)
- Tétralemma (Gérer les dilemmes de décision)
- Travail sur le génogramme (Rendre visibles les schémas et les structures familiales)
- Îles de ressources (forces, sources de pouvoir, lieux intérieurs)
Cependant, toutes ces techniques ne constituent jamais une fin en soi ; elles ne fonctionnent que si elles s'accompagnent d'une attitude claire, d'un bon contact et d'un environnement sûr.
Penser de manière systémique au quotidien
Ceux qui adoptent une pensée systémique perçoivent différemment les liens qui les unissent au quotidien. Au lieu de chercher un coupable, ils s'interrogent : qu'est-ce qui a changé ? Quelles attentes tacites peuvent exister ? Ou encore : qu'est-ce qui n'est pas dit, mais qui est peut-être palpable ? Cette façon de penser favorise la compréhension, le lien et permet le changement – non par le contrôle, mais par l'ouverture à de nouvelles perspectives.
Travailler de manière systémique signifie favoriser le développement
La pensée systémique est plus qu'une méthode : c'est une attitude. Celles et ceux qui adoptent cette perspective créent un espace propice au développement, à la réflexion et à l'exploration de nouvelles voies. Que ce soit par le biais de questions, d'un tableau de synthèse ou d'autres outils, le travail systémique permet de rendre la complexité tangible, avec clarté, empathie et souvent une pointe d'humour.



